IFRS Foundation
July 22, 2021

EDF: en faveur de l’internationalisation des normes SASB | EDF: Helping to Internationalize SASB Standards

Eliza Mahdavy
Group Head of Environmental, Social, and Governance (ESG) Performance, EDF

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Électricité de France S.A (EDF) est un énergéticien multinational français Leader des énergies bas carbone dans le monde et présent sur l’ensemble des métiers : la production, le transport, la distribution, le négoce, la vente d’énergies et les services énergétiques En tant que société énergétique intégrée, EDF est actif dans tous les domaines du secteur énergétique : production, transmission, distribution, commercialisation, approvisionnement et services. Nous avons rencontré Eliza Mahdavy, Responsable de performance Environnementales, Sociales et de Gouvernance (ESG) chez EDF, membre du Groupe consultatif des normes SASB et participante active au projet de promotion de l’internationalisation des normes de la Value Reporting Foundation.

Comment en êtes-vous venue à vous intéresser aux normes SASB ?
J’ai été nommée Responsable du Pôle Performance ESG au sein de la Direction de Développement Durable d’EDF en mars 2020. À mon arrivée, je me suis rendue compte que certains investisseurs qui collaboraient avec nous demandaient si EDF employait les normes SASB. Entre-temps, en avril 2020, la Commission européenne a lancé une consultation destinée à réviser la Directive sur la publication d’informations non financières (Non-Financial Reporting Directive, NFRD). À cette occasion, la Commission souhaitait évaluer dans quelles mesures l’application des normes SASB et d’autres cadres permettraient aux entreprises de répondre pleinement aux exigences de publication actuelles de la NFRD. Ainsi, nous avons décidé de collaborer avec le SASB, désormais Value Reporting Foundation, pour en savoir plus et découvrir la plus-value qu’apportent les normes SASB.

Comment le SASB complète-t-il les exigences de la France en matière de publication d’informations non financières ?
Les mesures SASB peuvent être mentionnées dans la « Déclaration de performance extra-financière » (DPEF), qui est un rapport obligatoire pour les grandes entreprises depuis 2018. Elle est vérifiée par des commissaires aux comptes et fait partie du rapport, ou Document d’enregistrement universel. En effet, la DPEF est un cadre de reporting ESG au sein duquel nous pouvons publier les mesures de différentes normes, telles que le Pacte mondial des Nations unies, les normes SASB ou les normes GRI.

Quels sont les défis initiaux liés à l’utilisation des normes SASB ?
Le plus grand défi à relever lors de l’utilisation des normes SASB pour la première fois, surtout pour les entreprises européennes, concerne la méthodologie derrière certaines des indicateurs. En ce qui concerne le référentiel relatif aux énergéticiens producteurs d’électricité, le calcul de certains indicateurs reposent sur des normes et dispositions américaines ou étatiques existantes pour les énergéticiens. Une collaboration directe avec SASB était donc d’une importance cruciale pour nous.

Dès le premier appel avec Marvin Smith, Directeur de la sensibilisation des parties prenantes, et William Meister, Analyste en chef du secteur des infrastructures, ont fait preuve de professionnalisme, de réactivité et d’ouverture face à nos préoccupations. Nos discussions se sont révélées être constructives et nous ont considérablement aidés à comprendre les indicateurs au-delà des protocoles techniques, qui devaient manifestement être modifiés afin de s’appliquer à l’international.

En quoi êtes-vous impliquée dans le projet de promotion de l’internationalisation des normes de la Value Reporting Foundation, et comment aidera-t-il les entreprises du monde entier à utiliser les normes SASB ?
EDF est le premier énergéticien européen à occuper le rôle de conseiller au sein de l’organisation du SASB, et c’est lors du T3 de 2020 que j’ai été invitée à participer au projet de promotion de l’internationalisation des normes. En réalité, 83 % des indicateurs de SASB s’appliquent internationalement. Le projet se concentre donc sur les 17 % restants qui doivent être revus. Tout retour sur le fonctionnement de l’industrie dans chaque pays et en Europe contribue à identifier les améliorations éventuelles à apporter aux thématiques et aux indicateurs, afin de garantir une pertinence et une applicabilité globales. La Value Reporting Foundation continuant à faire évoluer les normes SASB, je suis convaincue qu’il sera beaucoup plus facile, pour les entreprises européennes, de commencer à les mettre en œuvre dans le cadre de leur reporting ESG.

L’équipe de développement durable d’EDF participe-t-elle aux relations avec les investisseurs ? Quel retour les investisseurs ont-ils donné sur votre évolution en matière de divulgation ESG ?
Nous sommes d’avis que la performance se repose à la fois sur les données financières et les données ESG. Par conséquent, notre équipe de développement durable travaille main dans la main avec notre équipe de relations investisseurs. En mettant en commun des points de vue complémentaires nous pouvons mieux comprendre les attentes des investisseurs à l’égard des enjeux ESG et de responsabilité sociétale des entreprises (RSE), qui sont publiés au sein des rapports publics.

Notre reporting ESG reflète les actions et engagements réels en lien avec le changement climatique, les ressources planétaires et les questions sociales, y compris le bien-être de nos parties prenantes internes et externes. Nous avons pu améliorer notre rapport EDF 2020 grâce à de nouveaux accomplissements, tels que :

  • certifications de l’initiative Science Based Targets (SBTi) et alignement d’EDF avec les trajectoires de réduction des émissions bien en dessous des 2 °C ;/li>
  • nouveaux objectifs ambitieux pour nos scope 1 et scope 3 en 2023 et 2030, conformément à la SBTi ;
  • nomination de deux référents climat au sein de notre Comité exécutif et de notre Conseil d’administration, conformément à la TCFD (Task Force for Climate Financial Disclosures) ;
  • nouveau critère climat dans la rémunération variable de nos dirigeants.

Concernant les normes ESG, nous avons divulgué notre alignement avec la plupart des mesures recommandées au sein de la norme SASB liée au secteur des fournisseurs d’électricité.

Quels sont vos objectifs en vue de faire davantage évoluer votre reporting ESG ?

Toutes les entreprises et tous les investisseurs soucieux des questions environnementales et sociales attendent la standardisation de la publication des informations non financières, qui va certainement inciter les entreprises à reconfigurer leur reporting.

En mars 2021, le Règlement sur la publication d’informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers (Sustainable Finance Disclosers Regulation, SFDR) est entré en vigueur. Bien que ce rapport ne concerne que les investisseurs et les établissements financiers, les entreprises seront tout naturellement impliquées afin de recueillir les mesures que leurs investisseurs doivent divulguer. À terme, cela créera une réelle cohésion entre les reportings ESG des entreprises, qui seront bientôt révisés conformément à la Directive relative à la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises (Corporate Sustainability Reporting Directive, CSRD) et le SFDR.

EDF continuera à renforcer son reporting ESG de deux manières : en publiant les indicateurs nécessaires au reporting attendus par des investisseurs et en publiant, dans le même temps, nos propres KPI qui mesurent nos engagements envers nos objectifs RSE.

Les normes SASB favorisent la communication des performances de durabilité. Peuvent-elles également contribuer à améliorer les performances de durabilité en veillant à garantir des mesures cohérentes et comparables ?

L’approche sectorielle de SASB est très intéressante, dans le sens où elle nous permet de procéder à des mesures comparables au sein d’une industrie. Par exemple, la norme SASB pour les fournisseurs et producteurs d’électricité exigent la publication des émissions de GES « Scope 1 » (émissions directes). Pour les fournisseurs d’énergie bas-carbone comme EDF (90 pour cent de production sans carbone grâce au nucléaire, à l’hydroélectricité, à l’éolien et à l’énergie solaire), cela permet aux investisseurs de comparer différents énergéticien sur la base des mêmes mesures et de la même méthode de calcul.

En outre, les sujets dans la norme SASB pour les fournisseurs d’électricité sont exhaustives. Pour les fournisseurs d’électricité intégrés tels qu’EDF, les sujets permettent de visualiser les performances dans tous les domaines de l’activité, tels que la production faible en carbone, la gestion de l’eau, la stratégie d’accessibilité à l’énergie, et la résilience du réseau.

Quel conseil pouvez-vous donner aux entreprises qui entament l’intégration des normes SASB à leurs processus de gestion et de divulgation ?
L’approche de reporting selon les normes SASB se fonde sur le principe de « déclarer ou justifier », et permet un démarrage progressif. Les entreprises peuvent justifier les omissions et procéder à des modifications en fonction de méthodes de calcul ou de périmètres de reporting. Pour les entreprises débutantes dans le reporting ESG et à la recherche d’un point de départ, les normes SASB s’avèrent être idéales, car elles sont suffisamment détaillées et cohérentes pour couvrir les questions environnementales et sociales importantes.

Je suggérerais aux entreprises européennes d’identifier les normes SASB pertinentes pour leurs activités et de prendre contact avec l’équipe de la Value Reporting Foundation dès le début de la réflexion. Comme je l’ai mentionné précédemment, elle est très réactive et compétente, et peut répondre aux éventuelles questions des entreprises

Les traductions françaises des standards SASB sont désormais disponibles : téléchargez-les ici. Les traductions françaises du French translations of the Guide d’application des normes de SASB et le Guide de mise en œuvres des normes de SASB sont aussi disponibles.


Électricité de France S.A (EDF) is a French multinational electric utility company and a global leader in low-carbon energy. As an integrated energy company, EDF is active in all areas of the energy business: generation, transmission, distribution, trading, supply and services. We caught up with Eliza Mahdavy, Group Head of Environmental, Social and Governance (ESG) Performance at EDF, who is a member of SASB’s Standards Advisory Group and an active participant in the Value Reporting Foundation’s Standards Internationalization Advancement project.

How did you come to be involved with SASB Standards?
I was appointed Head of ESG Performance within EDF’s sustainable development team in March 2020. Just after my arrival I realized that some investors who were engaging with us were asking if EDF was using SASB Standards. Meanwhile, in April 2020 the European Commission launched a consultation to review the Non-Financial Reporting Directive (NFRD). In it, the Commission wanted to evaluate to what extent the application of SASB Standards and other frameworks would enable companies to comprehensively meet the current disclosure requirements of the NFRD. So, we decided to engage with SASB, now the Value Reporting Foundation, to learn more and to explore the added value of using the SASB Standards.

How does SASB complement France’s requirements for non-financial reporting?
SASB metrics can be referenced in the “Declaration de Performance Extra-Financière” (DPEF), which is a mandatory report for big companies since 2018. It is verified by statutory auditors and is part of the annual report, or the Universal Registration Document. Indeed, DPEF is an ESG reporting framework in which we can disclose metrics from different standards such as UN Global Compact, SASB Standards or GRI.

What are the initial challenges of using SASB Standards?
The most challenging issue when using SASB Standards for the first time, especially for European companies, is the methodology behind some of the metrics. In the Electric Utilities & Power Generators Standard, some of the metrics were based on existing US or state standards and rules for utilities. Therefore, a direct engagement with SASB was crucial for us.

From the initial engagement call with Marvin Smith, Director of Stakeholder Outreach, and William Meister, infrastructure sector lead analyst, we found the entire team to be professional, responsive and open to understanding our issues. Our discussions were very constructive and helped us tremendously in understanding the metrics beyond the technical protocols, which definitely need to be modified in order to become global.

What is your involvement in the Value Reporting Foundation’s Standards Internationalization Advancement project and how it will help companies globally in using the SASB Standards?
EDF is the first European utility to act as an advisor within the SASB organization, and I was asked during Q3 2020 to participate in the Standards Internationalization Advancement project. In fact, 83% of the metrics in the SASB Standards are globally applicable and the project focuses on the 17% of metrics that need to be improved. Feedback on how the industry works in each country and in Europe generally help identify possible improvements on topics and metrics to ensure global relevance and applicability. As the Value Reporting Foundation continues to evolve the SASB Standards, I am convinced that it will be much easier for European companies to start implementing them in their ESG reporting.

Does EDF’s sustainability team get involved in investor relations? What has been the feedback from investors around your progress in ESG disclosure?
We believe that performance is based both on financial and ESG progress, therefore our sustainability team works hand in hand with our IR team. Bringing our unique perspectives together shapes a deeper understanding of investors’ expectations towards EDF’s ESG and corporate social responsibility (CSR) challenges, which are disclosed through public reporting.

Our ESG reporting reflects real actions and commitments around climate change, planet resources and social issues, including our internal and external stakeholders’ wellbeing. Our 2020 EDF reporting was enhanced by new accomplishments such as:

  • Science Based Targets initiative (SBTi) certifications and EDF alignment with the “well below 2°” trajectories/li>
  • New and ambitious targets for our scope 1 & 3 both in 2023 and 2030 in line with SBTi
  • Appointment of two climate experts within our executive committee and board of directors, in line with the TCFD
  • New climate criterion incentive in our directors’ compensation

Regarding ESG standards, we disclosed our alignment with most of the metrics recommended in the SASB Standard related to the electric utilities and power sector.

What are your goals to further evolve your ESG reporting?
All companies and investors concerned about environmental and social matters are looking forward to non-financial reporting standardization. This will propel companies to reshape their reporting.

In March 2021, the SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) came into effect. Although this reporting concerns only investors and financial institutions, the companies will be naturally involved to collect the metrics their investors need to disclose and ultimately there will be real cohesion between companies’ ESG reporting that will be soon reviewed with the Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) and SFDR.

EDF will continue to strengthen its ESG reporting in two ways: disclosing metrics that are needed for reporting to investors and at the same time disclosing our own KPIs that measure our commitments towards our CSR goals.

SASB Standards help communicate sustainability performance. Can they also help to improve sustainability performance by enabling consistent, comparable measurement?
The industry-specific nature of SASB Standards is very interesting in that it allows comparable measurement within an industry. For example, the SASB Standard for Electric Utilities & Power Generators requires disclosure of Scope 1 GHG emissions (direct emissions). For low carbon generation utilities such as EDF (90 percent decarbonized generation thanks to nuclear, hydropower, wind and solar), it allows investors to compare different utilities based on the same metrics and method of calculation.

Furthermore, the topics in the SASB Standard for Electric Utilities are exhaustive. For integrated electric utilities such as EDF, they allow for performance to be viewed across all areas of the business, such as low carbon generation, water management, energy affordable policy, and grid resiliency.

What advice do you have for companies that are beginning the process of integrating SASB Standards into their management and disclosure processes?
The approach to reporting with SASB Standards is based on “report or explain”, so it allows for a gradual start. Companies can explain omissions and make modifications based on calculation methods or reporting scope. For the companies that are less mature in ESG reporting and are searching for a starting point, SASB Standards are comprehensive and consistent enough to cover important environmental and social matters.

For European companies, I would suggest that they identify the SASB Standard(s) relevant to their business and engage with the team at Value Reporting Foundation early in the process. As mentioned above, they are very responsive and competent, and can help answer any questions companies might have.

French translations of the SASB Standards for 77 industries are now available—click here to download. French translations of the SASB Standards Application Guidance and Implementation Primer are also available.